Catégories
Handball Interview

Du ballon au bonsaï, en toute sérénité

Ep 1 – Rencontre aujourd’hui avec Sébastien Joumel. Handballeur de haut-niveau, passé par Dunkerque, il nous parle aujourd’hui de son projet « Devenez un bonsaï »

En cette période de confinement, nous avons eu envie de consacrer une série à des sportifs de haut-niveau qui se lancent dans le milieu entreprenarial. Ils sont coachs personnel ou patrons de bar, partez à leur rencontre et découvrez leurs projets. Rencontre dans ce premier épisode avec Sébastien Joumel, coach personnel.

Episode 1 : « Sébastien Joumel, du ballon au bonsaï en toute sérénité »
​Episode 2 : « Florent Joli, des terrains de sport aux plateaux de jeux de société »
Episode 3 : « Bastien Montès et Marcel donnent un nouveau souffle à la vie tarbaise »


Sébastien Joumel, vous êtes joueur au sein du club Elite Val d’Oise (Saint-Gratien – Sannois – Franconville), actuellement en Nationale 1. Vous avez aussi joué en Première division avec Dunkerque, comment vous est venue l’idée de “Devenez un bonsaï” ?
A Dunkerque, dans une période où je n’allais pas spécialement bien, j’ai pu bénéficier d’un suivi en préparation mentale, ce qui a été hyper positif sur ma vie personnelle et mes performances. Je me suis donc formé en préparation mentale, pour ma pratique dans un premier temps. Et puis, certaines personnes m’ont contacté pour les accompagner. Alors, je me suis dit « Pourquoi pas ». Par la suite, j’ai suivi une formation en hypnose, et cela a changé énormément de choses dans ma vie. Cela a impacté ma vie d’une façon que je n’aurai pas pu imaginer. Je suis arrivé à la formation en me disant « je n’y crois pas », et dès la première mise en situation, j’ai été bluffé. L’image que j’avais de l’hypnose est celle d’une prise de pouvoir psychologique alors que ce n’est absolument pas ça. Je n’avais pas prévu d’aimer autant cet univers, ni qu’il m’apporte autant. J’ai donc enchaîné sur des formations en spécialisation Stop Tabac et Poids, une spécialisation sur la douleur (en lien avec ma future activité de kinésithérapeute), une formation en Programmation Neuro-Linguistique, une formation en Deep Neural Repatterning (grosso modo, un mix entre EMDR, EFT et PNL pour ceux qui connaissent). De plus en plus de personnes souhaitaient que je les accompagne, et donc je me suis dit « lance-toi ! » […] D’où la naissance de Devenez un Bonsaï, qui a pour but de créer une communauté où je partage des tips en développement personnel au sens large, et de démocratiser ces outils.

Pourquoi avoir choisi ce nom de “Devenez un Bonsaï” ?
Ce n’était pas ma première idée. Les autres noms que je voulais utiliser étaient déjà pris. « Devenez un Bonsaï » c’est une métaphore que j’apprécie énormément. La métaphore est beaucoup utilisée en hypnose car chacun peut y mettre le sens qu’il désire. Le bonsaï est pour moi un arbre qui grandit, malgré les intempéries, qui s’adapte à son environnement, et qui est considéré comme un symbole de sagesse. Sa symbolique est très puissante à mes yeux.

Votre projet tourne autour du développement personnel et de la confiance en soi. Vous souhaitez vous rendre utile auprès des gens, de les “faire aller mieux” comme nous pouvons le lire sur votre site internet ?
Aujourd’hui, beaucoup de personnes se prétendent Coach en Développement Personnel, spécialiste en « mindset » et autres. Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou non, mais à mon sens, on ne s’improvise pas coach ou thérapeute en un claquement de doigts. Il ne s’agit pas simplement de publier des pensées positives ou des citations inspirantes pour effectuer ce type d’accompagnement. C’est une philosophie de vie, une véritable posture, que de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. L’humilité est la qualité première : je ne sais rien de mon client, c’est lui qui sait tout. Il a toutes les réponses, et mon seul travail est de lui poser des questions différentes, pour le faire réfléchir différemment et trouver une solution différente. Mon objectif est, comme dit précédemment, de démocratiser l’outil. Cela peut permettre d’avoir des résultats rapides, donc, d’après moi, cela ne coûte pas grand-chose d’essayer. J’en discutais avec mon meilleur ami hier, qui me disait être incapable de décrire ce qu’il a pu ressentir après les sessions que j’ai pu lui faire, tellement c’était puissant.
Et si je peux accompagner certaines personnes, c’est tant mieux. Mon but est de prendre du plaisir dans l’accompagnement, et de donner des outils à ceux qui le désirent. L’univers Devenez un Bonsaï va d’ailleurs sans doute évoluer, se transformer, puisque j’ai fait appel à un business coach pour développer mon activité

Quels ont été vos cheminements dans l’élaboration de votre projet ? Votre statut de sportif vous a-t-il avantagé ou au contraire désavantagé dans la conception de ce dernier ?
Le cheminement s’est fait au fur et à mesure de ma formation en hypnose. Au départ, je me demandais si je serais légitime. Et puis, après quelques échanges avec les formateurs – 2 ou 3 cassages de croyances limitantes au passage – j’ai compris que c’est ce qui me faisait du bien, accompagner les autres. Du coaching sportif, en passant par la kinésithérapie, le coaching au sens large, ou la thérapie, le lien est très proche. Dans chaque cas, on me présente un casse-tête, et je cherche à le résoudre. Pour un fan d’escape game comme moi, le lien est vite vu : j’ai une heure pour sortir de ce pétrin (et emmener mon client…).
Mon emploi du temps de sportif peut être considéré comme un inconvénient, puisque entre mes cours, mes formations, mes entraînements, je ne peux pas répondre favorablement à toutes les demandes que je reçois. Mais le sport de haut-niveau m’a aussi appris à m’organiser. Surtout, le sport est une école de vie, et le haut-niveau est un accélérateur. Beaucoup de personnes que j’ai croisées en formation ne pensaient pas que j’avais 25 ans. Normal, j’ai pas mal de cheveux blancs, merci Papa (rires​). Ca permet de développer une certaine maturité, de mieux comprendre les dynamiques de groupe. Je le vois comme un précieux atout dans mon jeu.

L’entrepreunariat offre à l’athlète un nouveau terrain de jeu, tout simplement.

Sébastien Joumel – Coach personnel

Est-ce que vous avez été soutenu par votre club et vos coéquipiers ? Comment ont-ils perçu votre démarche ?
Mon club me soutient depuis le début, en ayant monté un dossier de reconversion prenant en charge l’école de kinésithérapie. Ils m’ont également autorisé à rater quelques matchs pour suivre ma formation en kiné du sport. Concernant les formations en développement personnel, j’ai manqué quelques jours lors de la préparation estivale mais sinon cela n’a pas impacté le collectif. Je les remercie sincèrement de ce soutien.

Aujourd’hui où en êtes vous dans votre projet ?
Nous venons de modifier le site. Enfin je dis nous car c’est ma copine qui gère (voir en fin d’interview, ndlr). Comme je l’ai expliqué précédemment, je viens de faire appel à un business coach pour réfléchir à une autre façon de travailler. Sans doute proposer des conférences dans les entreprises, créer une offre de coaching haut de gamme. Cela va venir bouleverser ma façon de faire, mais vous avez sans doute pu le comprendre, j’aime sortir de ma zone de confort pour rentrer dans la zone de développement. En parallèle, j’ai plusieurs autres projets. Je cherche à démocratiser la préparation mentale avec l’organisme LNF – Les Nouvelles Formations, pour laquelle je suis ambassadeur. Une formation facile à mettre en œuvre, exclusivement en e-learning, avec possibilité de financement complet.

© Jean-Pierre Riboli / Chambéry Savoie-Mont-Blanc Handball

Pour vous, qu’est-ce que l’expérience entrepreneuriale peut apporter à l’athlète ?
L’expérience entrepreunariale offre à l’athlète un nouveau terrain de jeu, tout simplement. Et changer de terrain de jeu, c’est s’ouvrir à de nouvelles possibilités, de nouvelles connaissances et compétences. C’est sortir de sa zone de confort.

Inversement, qu’est-ce que l’athlète peut apporter dans une entreprise ?
L’athlète est souvent considéré comme un modèle. Les entreprises aiment faire intervenir des athlètes pour stimuler leurs équipes. Il peut apporter une vision différente, même les similitudes entre ces 2 mondes sont nombreuses. C’est une richesse de faire communiquer les 2 mondes.

Par Hugo Bâcle – Image de couverture : © Patrick Paumard / Elite Val-d’Oise


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s