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Aviron France

« J’ai besoin de ramer avec mes coéquipières »

Adèle Brosse représente la nouvelle génération de l’aviron français. Pleine d’ambition, elle aborde avec nous son sport, ses objectifs et l’actualité récente.

Adèle Brosse bonjour, vous êtes en équipe de France d’aviron U23. Comment avez-vous découvert ce sport ?
J’ai découvert l’aviron par hasard, au forum des associations à Dinan (Bretagne). À la base je voulais faire du kayak mais les horaires ne correspondaient pas avec mes cours, le stand en face était l’aviron, et mon entraîneur de l’époque m’avait déjà repéré et motivée à venir essayer ! C’est de là que c’est parti…

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’aviron ?
Au début, ce qui m’a plu c’est essentiellement l’ambiance familiale du club, on s’y sent bien ! Parce que bon, au début c’est pas la joie, tu te retrouves à galérer avec tes deux mains à coordonner avec les jambes dans un bateau hyper lourd, en plus tes mains commencent très vite à brûler et à cloquer. Mais quand tu vois les compétiteurs aller hyper vite avec des bateaux très fin ça donne envie et finalement ça arrive assez vite ! Maintenant ce qui me plaît c’est les sensations de glisse qu’on peut avoir quand le bateau va bien et le fait de se donner à fond, ensemble, pour passer la ligne en première ! Je ne peut pas faire du haut-niveau dans un bateau toute seule, j’ai vraiment besoin de ramer avec mes coéquipières, je pousse pour elles !

Je ne peux pas faire du haut-niveau dans un bateau toute seule !

Adèle Brosse (FRA)

Vous suivez actuellement un cursus universitaire, à Nantes. Comment conciliez-vous études et sport ?
J’ai fait un D.U.T. et je suis actuellement en licence professionnelle. Avec l’Université de Nantes, j’ai pu mettre en place un double cursus : je réalise ma licence en deux ans au lieu d’un. Étant en alternance, je suis également à mi-temps dans un bureau d’études thermique : JPingeneering. C’est plutôt idéal, ça me permet de bien réaliser mon double projet, même si c’est pas toujours facile.

Que vous apporte la pratique sportive de haut-niveau dans vos études ? Et inversement ?
Ça apporte beaucoup de positif et un peu de négatif. Déjà, j’ai remarqué que j’étais beaucoup plus efficace au bureau quand je m’entraîne le matin (c’est à dire tous les matins à quelques exceptions près). Ensuite si je me compare a mes camarades, je suis généralement plus efficace, je vais droit au but (bon parfois je zappe quelques étapes, rires). Ça m’a beaucoup apporté aussi pour le travail d’équipe, je suis généralement très à l’écoute des autres et je les suit dans leurs idées, mais je sais aussi prendre les choses en mains quand je sais que ce que je fais […]. Bon par contre, il est parfois très difficile de lutter contre la fatigue des entraînements et des compétitions… Je fais du sport depuis que je suis toute jeune, et j’ai vraiment l’impression que le sport m’a beaucoup apporté pour le scolaire, mais en revanche le scolaire m’apporte peu pour le sport… Sauf peut être pour comprendre la mécanique du bateau parfois (rires).

Vous partez bientôt pour les championnats d’Europe U23 à Duisbourg (GER). Quels vont être vos objectif ? Rappelons que vous êtes vice championne d’Europe en huit de pointe (BW8+).
On part pour les championnats d’Europe en 4 barré (4 rameuses, une barreuse). Avec Pauline (Rossignol, ndlr), on est vice-championnes du monde en titre (2019) dans cette embarcation, on rame maintenant avec Maya (Cornut) et Emma (Cornelis). Ensemble, on a un bon potentiel pour ces championnats, notre objectif est de remporter la médaille d’or. Avec la Covid, ces championnats sont la seule compétition U23, alors toutes les nations se sont données rendez-vous, on verra ce que cela donne !

© Damien Lataste

Comment avez vous géré la crise sanitaire et le confinement ? Ressentez-vous un impact sur votre préparation aux championnats d’Europe ?
J’ai passé le confinement chez mes parents, en Bretagne à la campagne (j’ai decampé l’appartement à temps, rires). Déjà la Fédération avait mis en place des programmes d’entraînement adaptés à la situation, c’est à dire du rameur, (ça c’était horrible parce qu’on était censés avoir fini la saison hivernale donc ne plus en faire ou très peu), de la musculation avec une barre que j’avais chez moi, et pour ma part, pas mal de vélo sur home-trainer. Au début, j’ai plutôt aimé être enfin en famille, pouvoir profiter d’eux longtemps (je n’étais jamais rentrée aussi longtemps chez moi depuis la classe de première) et faire des choses dont on a plus l’habitude de faire. Le tout en suivant le programme qui devait être à 10 entrainements par semaines au début. Ensuite on a eu 3 semaines de « transition », où on s’entraînait comme on voulait à condition de faire 1h d’aérobie par jours. Là c’était cool aussi, pour nous, s’entraîner 7 heures par semaine, c’est les vacances (rires) ! C’est quand il a fallu reprendre à fond que j’ai eu plus de mal. Je suis donc restée dans ce rythme pour les 2 dernières semaines de confinement.
La reprise au pôle s’est très bien passée, j’ai eu un petit coup de mou au début parce qu’on a tout de suite repris les choses sérieuses, mais on s’est vite adapté et au final je pense avoir peu perdu. Certains ont vraiment progressé pendant cette période, c’était assez dingue de voir ça, et ça fait réfléchir sur notre façon de s’entraîner. À la sortie du confinement, on a eu pas mal de stages fédéraux dès que c’était possible, donc j’ai pas l’impression que le confinement ai impacté notre préparation pour les championnats d’Europe.

Quels sont vos objectifs pour la saison prochaine ?
Déjà, on va finir cette saison avec les championnats d’Europe élite qui auront lieu début octobre, en 4 – (4 rameuses, pas de barreuse) avec les mêmes filles sauf une qui change. En fonction de cette compétition, on verra si on peut avoir la prétention de s’aligner pour la régate de rattrapage pour les sélections olympiques (2 places seulement) au mois de mai. Si on s’y aligne, on fera tout pour aller chercher cette sélection, mais elle sera difficile à atteindre !
Sinon, je passe dans la catégorie élite, donc l’objectif sera d’être sélectionnée, et présenter le meilleur bateau possible aux championnats du monde. On ne sait pas encore très bien comment cela va se passer avec les Jeux etc.

Vous faites partie de la génération Paris 2024. Vous y voyez-vous ?
Je m’entraîne pour faire un jour les Jeux Olympiques, si ce n’est pas 2024, cela risque d’être compliqué pour moi…. Mais je m’y vois plus facilement étant donné qu’on s’entraîne déjà sur le bassin olympique des Jeux de Paris.

La France est une grande nation de l’aviron. Porter les couleurs nationales est un aboutissement, une fierté pour vous ?
Évidemment, porter les couleurs de la France est une grosse fierté ! Je me rappelle encore de la première fois où j’ai reçu mes équipements, j’étais tellement fière ! Et on est toujours content, encore aujourd’hui, de recevoir nos équipements, et de les porter au plus haut !

Par Hugo Bâcle – Université de Poitiers | Image de couverture © Damien Lataste


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